Le parc solaire français vient de franchir les 27,9 GW. En 2025, la France a raccordé 185 030 installations pour 5,77 GW de puissance nouvelle. C'est 24% de plus qu'en 2024 (source : Enedis Open Data, janvier 2026).

Mais ce chiffre global cache une réalité plus nuancée. Et c'est là que ça devient intéressant pour vous.

Moins de projets, plus de puissance : ce que ça signifie

Premier constat : le nombre d'installations a baissé de 26% entre 2024 et 2025. On est passé de 248 385 à 185 030 raccordements. Pourtant, la puissance installée a progressé de 24%.

Traduction : les projets sont plus gros. Le marché se professionnalise.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :

La baisse des aides en mars 2025 a freiné les petits projets résidentiels. La prime à l'autoconsommation a chuté jusqu'à -62%. Les tarifs de rachat ont suivi (-68% sur certains segments).

L'introduction tardive de la TVA à 5,5% (octobre 2025, alors que la loi date de février) a créé une période d'attentisme. Beaucoup de particuliers ont reporté leurs projets pour bénéficier du nouveau taux.

Le segment C&I (Commercial & Industriel) prend le relais. Les ombrières de parkings, les toitures de hangars et les centrales au sol représentent une part croissante des nouvelles installations.

Le boom des batteries : le chiffre qui change tout

En 2025, 10 209 installations ont intégré un système de stockage. Au T4 2025, les raccordements avec batterie ont été multipliés par 4 par rapport à fin 2024 (source : Enedis).

Pourquoi cette accélération ? L'arithmétique est devenue simple à expliquer aux clients :

Type d'électricitéPrix en janvier 2026
Électricité achetée sur le réseau (TRV)0,1952 €/kWh
Électricité revendue (surplus, <=9 kWc)0,04 €/kWh

L'électricité achetée coûte près de 5 fois plus cher que celle revendue. Dans ce contexte, chaque kWh autoconsommé grâce à une batterie vaut 5 fois plus qu'un kWh injecté sur le réseau.

Pour les installateurs, ça change le discours commercial. La batterie n'est plus une option "pour les écolos". C'est un accélérateur de ROI.

Les 3 segments à surveiller en 2026

1. L'autoconsommation collective

La part de l'autoconsommation dans les nouvelles installations atteint désormais 65-70%. Le partage d'énergie entre voisins se simplifie : copropriétés, lotissements, zones artisanales.

C'est un segment où la relation de confiance avec l'installateur compte. Les clients veulent un interlocuteur local qui connaît les spécificités du montage juridique et technique.

2. Les ombrières de parkings (loi APER)

Depuis 2025, tous les parkings de plus de 1 500 m² doivent s'équiper d'ombrières photovoltaïques. C'est une obligation légale.

Ce marché est énorme. Il concerne les grandes surfaces, les entreprises, les collectivités. Les projets sont plus longs à monter, mais les marges sont supérieures au résidentiel.

3. L'agrivoltaïsme

Suite au décret de 2024, les projets couplant agriculture et production solaire se multiplient. Vignes, cultures maraîchères, élevages : les configurations sont variées.

C'est un segment technique qui demande des compétences spécifiques. Les installateurs qui se positionnent maintenant auront une longueur d'avance.

Ce qui change pour le prix des modules

Le premier semestre 2026 devrait voir une hausse des prix des panneaux de 5 à 9%. Deux raisons principales :

  1. Fin du remboursement de la taxe export chinoise au 1er avril 2026. Les fabricants chinois bénéficiaient d'un remboursement partiel sur les panneaux exportés vers l'Europe. C'est terminé.
  1. Hausse des coûts des matières premières amorcée à l'été 2025.

Impact sur le budget global des projets : +2 à 4%. Pas de quoi remettre en cause la rentabilité, mais suffisant pour justifier une révision des grilles tarifaires.

La nouvelle donne de la TVA

Depuis le 1er octobre 2025, un taux de TVA à 5,5% s'applique aux installations respectant ces conditions :

  • Puissance : inférieure ou égale à 9 kWc (contre 3 kWc avant)
  • Bilan carbone : inférieur à 530 kg CO2 eq/kWc
  • Teneur en métaux limitée : argent, plomb, cadmium sous les seuils
  • Intégration d'un système de gestion d'énergie (EMS) : pour piloter et collecter les données en temps réel

Le critère EMS est nouveau. Il impose un dispositif capable de piloter et collecter les données de production/consommation en temps réel. C'est une opportunité pour les installateurs qui proposent des solutions de monitoring.

Ce que font les installateurs qui réussissent

On observe une consolidation du secteur. Les petits installateurs s'allient ou se font racheter pour mieux gérer les approvisionnements, les garanties et la trésorerie.

Les installateurs qui tirent leur épingle du jeu partagent plusieurs points communs :

Ils diversifient leurs offres. Panneaux + batterie + borne de recharge + pompe à chaleur. Le client veut un interlocuteur unique pour sa transition énergétique.

Ils digitalisent leur prospection. Les outils de simulation 3D, les CRM adaptés au solaire, le monitoring à distance. Ça réduit les coûts commerciaux et ça professionnalise l'image.

Ils se spécialisent sur un segment. Résidentiel haut de gamme, tertiaire, agricole. Difficile d'être bon partout. Les généralistes souffrent face aux spécialistes.

Les points de vigilance

Quelques freins persistent :

Les délais Enedis. Le raccordement reste un goulot d'étranglement malgré les investissements annoncés. Comptez 2 à 4 mois selon les régions.

La pénurie de main-d'œuvre. Les poseurs qualifiés (RGE, QualiPV) sont rares. La formation interne devient un enjeu stratégique.

La concurrence des low-cost. Certains acteurs cassent les prix en rognant sur la qualité de pose. À court terme, ça tire le marché vers le bas. À long terme, les retours SAV feront le tri.


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